Quand j'étais au collège, en début d'année, on devait remplir cette fameuse fiche avec « Plus tard, je veux être… »

Moi, j'écrivais : écrivain.

Je ne savais pas très bien ce que ça voulait dire. Je n'avais aucun plan. Mais c'était là, comme une évidence un peu floue.

Grandir avec les livres sans le savoir

Chez moi, il y avait des livres partout. On parlait de cinéma, de romans, de culture sans en faire un truc sérieux ou sacralisé. Il m'arrivait de prendre un livre au hasard, attiré par un titre, comme on attrape une confiserie, et de commencer à le « goûter » jusqu'à me laisser emporter.

À l'école, j'adorais les rédactions. Je n'étais pas brillant en orthographe, mais inventer, raconter une histoire… ça, oui.

Puis cette part créative s'est peu à peu effacée. On écrit pour les devoirs, pour les dissertations, et l'écriture devient un outil plus qu'un espace de jeu.

Les carnets, le quotidien, les premières traces

À 23 ans, je vois le film L'Effet papillon. Et sans trop savoir pourquoi, je commence à noter mon quotidien dans des carnets. Des choses simples. Des détails, parfois insignifiants comme ma position et mes fringues au moment où j'écrivais. Des moments que la mémoire écraserait et que je sauvais héroïquement du néant de l'oubli.

Je me mets alors à écrire de façon irrégulière. Pour moi. Par besoin parfois. Pour me relire plus tard, souvent.

Puis vient l'écriture pour les réseaux sociaux. Pour mon développement personnel aussi.

Le jour où j'ai rencontré mes propres idées

Et il y a deux ans, quelque chose change vraiment : je commence à écrire pour poser mes propres pensées, non plus en cherchant des idées à l'extérieur, mais en les laissant émerger de ce que je vis, de ce que j'observe, de ce que je traverse. On appelle parfois ça l'art de la contemplation… comme pour un paysage, mais pour contempler une idée en partant de son expérience, de soi.

Et là, surprise : je rencontre mes propres idées. En les écrivant je les fais fructifier, je les découvre aussi bien que je les crée. Mon propre univers se dévoile sur le papier.

Puis arrivent les ateliers d'écriture, la fiction, un premier roman (toujours en cours, évidemment), l'accompagnement de personnes qui écrivent elles aussi.

Ce n'était pas « devenir écrivain »

Tout ça n'avait jamais été vraiment, pour moi, une question de « devenir écrivain ».

C'était une manière de rester en lien avec mes territoires intérieurs : l'imaginaire, la créativité, les peurs, les désirs, les projets, les choses qui m'interpellent et puis les zones encore floues.

Et plus je teste des perspectives différentes dans l'écriture, plus mon champ s'élargit.

Je me sens à la fois plus léger… et plus ancré.


Les ateliers, comme des îlots

Évidemment, il y a la page blanche. Et surtout, il y a la vie qui va vite, très vite.

C'est pour ça que les ateliers d'écriture me sont devenus nécessaires, comme des îlots. Des espaces pour se retrouver, avec soi-même et avec d'autres personnes qui aiment explorer les mots, les images, les symboles, la justesse… sans se prendre la tête.

Pas pour « faire l'écrivain » ou le critique littéraire suffisant, mais plutôt pour être quelqu'un qui écrit, qui cherche, qui s'amuse, qui se découvre.

Et qui partage ce moment avec, d'une certaine façon, des gens de sa tribu, ceux qui aiment danser avec les symboles, les images et les histoires.